Le fight – DIG, on creuse ou on jette la pelle ?

jeu DIG - Mangrove Games - Julien Charbonnier

Article un peu différent des habitudes pour ce petit jeu français qui vient tout juste d'atteindre son seuil de financement. Deux auteurs et deux avis : @degrimo Vs. @wondrlan

DIG : Le jeu qui fait son trou.

par @degrimo

Parmi les petits jeux en passe de financer, il y a DIG, qui vous met dans la peau d’un mineur de fond pour trouver ressources et gemmes. Derrière un habillage original qui fait référence au rétrogaming, DIG demandera un minimum de stratégie pour allier gestion des ressources, du hasard et prise de risque. Voilà un petit jeu créé par un français qui mérite quelques approfondissements.

« …Toi, tu creuses ! »

L’objectif est de gagner des gemmes en creusant des galeries de mine sous la colline, le premier joueur à en récolter dix a gagné. Pour ce faire, chaque joueur tire une carte de la pioche (la colline). Chaque série de cinq cartes livre une gemme, en plus des ressources notées sur la carte. Plus on creuse loin, plus on récolte de ressources qui permettent d’acheter un acolyte pour creuser une nouvelle galerie (on peut en ouvrir jusqu’à quatre). Ces ressources permettent aussi de recruter des compagnons, d’acheter des outils, etc. Mais attention, au détour d’une nouvelle carte, on peut faire de mauvaises rencontres qui vous obligeront à fermer votre galerie en plus de vous infliger des trucs désagréables (manger votre acolyte, voler vos ressources ou vos gemmes, etc.). C’est là ou vos compagnons peuvent intervenir pour protéger votre tunnel.

DIG est un jeu de stop ou encore, rapide et bien conçu. Il offre des choix simples mais stratégiques pour une tension de jeu intéressante. Si le hasard est présent au tirage des cartes, il se compense par de nombreuses cartes de soutien. Mais à vouloir pousser trop loin, le joueur peut perdre le fruit de son travail. Classique, efficace, radical.

Le jeu a failli avoir mauvaise mine.

L’auteur est Lillois, c’est dire s’il s’y connaît en mines et en galeries ! DIG est son premier projet et il ne ménage pas ses efforts pour le mener à bien. Il en est à son deuxième essai avec le jeu sur Kickstarter. La première campagne manquait de lisibilité, de dynamique. L’offre était chère et bancale. Bref, il y avait tout pour enterrer le jeu.

La force de Julien Charbonnier a été d’avoir su arrêter la campagne initiale et de revoir sa copie. Sur l’aspect esthétique, il a abandonné un graphisme trop inspiré de Minecraft qui rendait les cartes peu lisibles mais il a su garder un graphisme Pixel art qui donne cette fois une vraie personnalité au jeu, avec une référence geek teintée de nostalgie qui parle à un public large.

Bonne pioche !

Il a su faire un jeu sans texte, accessible à tous, et a fait l’effort de fournir des règles en français et en anglais. Bien lui a pris de persévérer puisque le reboot connaît un joli succès. Le jeu trouve son public sur Kickstarter à côté des grosses productions qui charrient du kiloplastique à la pelle !

Trois offres sont disponibles : la première à 18€ pour le jeu simple [NDLR : 24€ fdpin], la seconde à 33€ ajoute un tapis de jeu, toujours plus agréable. La plus luxueuse, à 94€ joue à fond sur le style rétro en proposant des goodies personnalisés qui peuvent ravir les amateurs de l’antique console NES. Ah oui, j’oubliais la version print & play du jeu à 6€ !

DIG est un ces jeux qui se sort facilement, dans la bonne humeur. Il serait dommage de passer à côté parce que la communication n’est pas optimale, parce qu’il s’agit d’un projet amateur mené en solitaire, ce qui est loin d’être facile. Et surtout, sous ses airs geek-rétro, DIG s’avère suffisamment stratégique pour exiger des joueurs… qu’ils se creusent les méninges ! Et ce n’est pas lui qui fera un trou dans votre bourse !

DIG - matérielDIG : Un jeu qui mériterait d'être un peu plus creusé

Par @wondrlan

L'ami degrimo ayant brossé le portrait du jeu (et épuisé le filon des jeux de mots^^), je vais pouvoir faire dans le rapide . En préambule, je suis un fan de jeux à base de stop ou encore et autres push your luck. Si vous jouez un jour chez moi, n'espérez pas en repartir sans au moins une partie de Can't Stop ou Diamant (pour ne citer que les plus connus). Normalement, DIG est donc un jeu conçu pour moi.

Ou pas. Passons sur le graphisme 8-bit qui est à la limite de la faute pour moi. Mais, si vous lisez ces lignes, c'est probablement que ce style ne vous gêne pas. Et, même, vous plait.

Je suis bien plus gêné dans la proximité avec, justement, Diamant. Même si les jeux n'ont, finalement, que peu en commun. Mais entre le graphisme qui manque de personnalité, le titre passe-partout qui a déjà servi pour une bonne demi-douzaine de jeux, le thème partagé avec un des ténors du genre et les mécaniques très classiques... je ne trouve pas l'audace, la créativité qui me donnent en général envie de soutenir un projet.

Pire encore, finalement, est que ce manque de "travail" se retrouve à mon avis dans le jeu en lui-même. Diamant est un excellent jeu car il force à l'interaction entre joueurs. Et Can't Stop met immédiatement les joueurs en situation de choix ; même si certains sont plus évidents que d'autres, il faut choisir, tout de suite ! De plus, on peut toujours rêver d'un tour parfait : ce qui en fait, à mon avis, le chef d'oeuvre du genre, poussant même les craintifs à prendre des risques. Je ne retrouve rien de tel dans DIG. On a une mécanique de stop ou encore assez classique avec des cartes nuisibles. Mais contre lesquelles on peut difficile faire quoi que ce soit. Ni même les utiliser intelligemment à la façon d'un Diamant. Et impossible, ici, d'espérer avoir assez de chances pour un perfect façon Can't Stop. On ne sait d'ailleurs même pas quelle sera la nature de l'effet négatif...

La durée annoncée, jusqu'à 45mn, me semble aussi bien longue pour un jeu sans interactivité. Surtout que les choix restent finalement limités ; en particulier en début de partie. Et, enfin, mais c'est le pire pour moi, je vois mal ce qui pourrait à aucun moment créer ce frisson qu'on ressent quand un joueur (ou plusieurs) décide de forcer la chance.

DIG - BoiteL'auteur est fort sympathique et c'est sa première création : il est donc plutôt rude de comparer son jeu à ceux de Sid Sackson ou Bruno Faidutti et Alan Moon. En toute franchise, DIG n'est sans doute pas un mauvais jeu. Je suis certainement très exigeant avec mes push your luck et l'idée était plus de donner un contre-point à la première opinion. Mais c'est un jeu qui, à mon avis, aurait gagné à être plus travaillé. Tel quel, il semble ne pas trop savoir dans quelle direction aller. Un peu de contrôle mais pas assez. Aucune interactivité même si quelques cartes en bonus qui devraient aller dans ce sens sans pour autant y amener vraiment le jeu (et pas sûr qu'ajouter du "dans ta gueule" soit une si bonne idée). Un stop ou encore qui va devoir stopper assez souvent... pour une "aventure" qui ressemble plus à un trajet en bus qu'à une poursuite en wagonnets avec des méchants enturbannés.

Il y a du bon, là-dedans. Mais il y a aussi du très "facile". Et il manque, à mon avis, ce petit truc malin en plus qui donnera envie d'y revenir.

 


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