Herbaceous Sprouts : Trans-plantation réussie

Herbaceous Sprouts : Trans-plantation réussie

En français, « sprout » est l’onomatopée utilisée dans les bandes-dessinées pour exprimer un crachat. En anglais, le mot signifie un germe ou une pousse de plante. Alors, vu la météo, il est temps de se retrousser les manches et de se cracher dans les mains pour se mettre à l’ouvrage. Car avec Herbaceous Sprouts, le jardinage est un jeu, et pas uniquement pour les enfants.

Avec Herbaceous Sprouts, Eduardo Baraf, Steve Finn et Beth Sobel démontrent qu’ils maitrisent l’art de repiquer pour mieux faire pousser. Le trio reprend ici le thème et les grands principes d’un de leur plus beaux succès pour le décliner sous une nouvelle forme, sans le dénaturer. Et la bouture a fort bien pris.

Plantons le décor

Herbaceous est un joli « filler », un de ces petits jeux faciles à mettre en place, à expliquer et rapides à jouer, que l’on sort aisément en attendant qu’une table finisse son interminable partie ou, plus simplement, pour tuer le temps.

Associant des mécaniques de collection de cartes et de stop ou encore, Ce jeu de cartes proposé sur Kickstarter en 2016 a rassemblé plus de 2000 souscripteurs. C’est un succès d’estime mérité, tant par ses jolies illustrations que par son intérêt.

 

Le principe de la greffe

Herbaceous Sprouts reprend les mêmes fondamentaux. Pour marquer des points, il faut réussir à placer le plus de séries variées. Cette fois, tout cela se fait avec des dés, qui font office de graines.

Au début de chaque tour, le chef-jardinier (comprenez le premier joueur) pioche autant de cartes-outils qu’il y a de joueurs, plus une. Il tire d’un sac le nombre de dés demandés par chaque carte et les lance pour déterminer avec quelle face on pourra les jouer.

Chacun choisit ensuite une carte et les dés qui sont associés. Ceux-ci viennent dans la brouette, qui fait office ici de plateau personnel. On peut alors effectuer immédiatement la ou les actions spéciales décrites sur la carte récupérée. Ces actions permettent de relancer un ou plusieurs dés, de changer une face de dé, d’ajouter une graine en réserve dans la brouette, etc., pour agrandir une collection et agencer au mieux les séries ainsi constituées.

Herbaceous Sprouts : le plateau individuel de chaque joueur.

 

Si on le souhaite, on peut planter dans l’une des quatre zones du jardin. Les dés retournent alors dans le sac et le joueur place un jeton Pousse sur l’emplacement du jardin dont il respecte les conditions. Elles demandent de réunir des séries d’une même plante ou de plantes toutes différentes.

On peut aussi créer plusieurs paires et, enfin planter des fleurs. Plus la collection est longue, plus elle rapporte de points.

Chaque emplacement dans le jardin n’accueille qu’une seule Pousse en échange d’un nombre variable de graines. Pour la zone fleurie, il faut associer une face Transplantoir à une graine de fleur pour planter celle-ci. Le premier emplacement des trois rangées de fleurs rapporte plus de points que les suivants.

La carte non retenue est défaussée et ses dés retournent dans le sac. À deux et trois joueurs, elle indique un emplacement du jardin qu’un jeton Mauvaise herbe (nommée Pousse rivale dans les règles !) vient occuper.

Une fois que le paquet de cartes Outil ait été épuisé, chacun comptabilise le nombre de points de victoire obtenus dans le jardin plus les dés Graine restants dans la brouette.

 

De la taille des plantes

Malgré leur parenté évidente, Herbaceous Sprouts se distingue de son petit frère par le matériel proposé et par la dimension de la boîte.

Les parties sont, elles aussi, annoncées plus longues bien qu’estimées à 30 mn environ. Il y a toujours une carte spéciale (ici il s’agit d’un verre de limonade) qui récompense le premier joueur ayant réussi à placer un jeton Pousse dans les quatre zones du jardin.

Tous les dés disposent des même plantes sur cinq de leurs faces. La sixième face est spéciale : une relance de dés, une plante joker, un transplantoir ou une graine de fleur.

Le nombre de dés est aussi différent ce qui rend difficile toute estimation. Le plaisir est surtout dans cette course aux emplacements que l’on obtient en réalisant des collections. Le hasard des dés est fortement pondéré par les actions spéciales, qui permettent d’optimiser au mieux ou d’être opportuniste.

La dimension stop ou encore est toujours présente puisqu’il est possible d’attendre pour espérer obtenir les emplacements les plus intéressants.

A noter que la règle décline une variante par équipe et un mode solo.

 

Fleurs des champs

L’offre Kickstarter d’Herbaceous Sprout est typique de cet éditeur indépendant. Elle s’accompagne d’une petite extension exclusive KS composée de quatre cartes spéciales.

Le plegde de base tourne autour des 30€ auxquels il faut ajouter 12€ de frais de port. C’est toujours pénalisant pour nous, outre-Atlantique.

À contrario, le jeu a peu de chances d’être localisé sous nos latitudes, car ce n’est, jusqu’à présent, pas dans les habitudes d’Eduardo Baraff. Pour l’instant, le petit frère Herbaceous a été seulement localisé en espagnol et en polonais. Cela peut en faire un objet de curiosité dans la ludothèque.

Toutefois, First Pencil Games propose déjà les règles en français (les cartes sont, elles, sans texte), pas de problème avec la barrière de la langue donc.

L’autre avantage de ses campagnes est qu’elles offrent l’opportunité de grouper l’achat avec d’autres jeux de l’éditeur, ce qui devient plus intéressant que de passer hors Kickstarter. Sont proposés ici des pledges « bundle » associant les deux Herbaceous, ou Sprout et Sunset over Water (un autre jeu de collection ou il faut peindre et vendre des tableaux de paysages), ou encore les trois jeux.

Ils ont en commun de se vouloir, par leur thématique, relaxant et apaisant. Les pledges de deux jeux se montent à 60€ fdpin. On y voit tout de suite l’intérêt. Après, il y a le pledge duo qui se veut plus attractif encore ; il faut pouvoir le partager avec quelqu’un. Idem pour l’offre Pledge groupé (par six) qui ramène le jeu seul à 40€ l’unité.

Si vous devenez, sur cette campagne, un inconditionnel de First Pencil Games, il vous reste à prendre le pledge total, limité à 25 exemplaires, qui permet d’acquérir tous leurs jeux. À noter que pour chaque pledge, les extensions KS exclusives de chaque jeu sont fournies.

 

Sans engrais ni pesticide

Il n’y a pas tellement besoin de s’étendre sur les Stretch Goals. Ici, ils sont uniquement des améliorations du matériel.

L’essentiel du financement a été atteint dès le premier jour. Ensuite, on a eu un peu l’impression de regarder une plante pousser… doucement… tout doucement. Au moins il n’y a pas eu de jour en recul.

Il faut dire que la communication est convenue, un peu surfaite et dans des registres que l’on a déjà entendus précédemment. L’ensemble des Stretch Goals initialement prévus ont donc été atteints très tôt dans la campagne, ce qui explique aussi ce dynamisme tout à fait végétal !

On apprécie globalement la démarche éditoriale qui propose dès le départ une boîte qui n’a pas été vidée pour créer des bonus artificiellement.

 

Jeux de plein air

Il est également intéressant de constater que la nature et le jardin sont tendances dans le jeu de société, que ce soit en financement participatif ou en boutique. Entre Arboria, Photosynthésis, Topiary ou encore le récent Lotus, le thème est porteur.

The Last Garden, sur KS, proposait même un jardin de fin du monde ou des robots plantent des cristaux à défaut de fleurs. Dreamscape, lui, demande de reproduire des paysages de rêve ; le Docteur Finn, déjà, a créé l’estimable Butterfly garden ; etc.

Finalement, entre deux zombies et trois vikings, les joueurs aiment à se faire des fleurs !

 

Pour en savoir plus :
le forum où on en discute.

Et la page KS pour soutenir Herbaceous Sprouts.

 

3 commentaires

  1. Projet en cours de livraison. Reçu mon pledge ce matin, avec grande satisfaction.
    Les règles VF seront très bientôt disponibles en téléchargement sur BGG (En fait, une première mouture, fort aboutie, est déjà à disposition de toutes et tous.)

  2. Traduction très rapide et approximative du message d’Eduardo, pour celles e t ceux qui sont réfractaires à l’anglais :
    « Merci beaucoup pour la revue! J’apprécie les compliments.

    Vous avez raison, je n’ai pas encore fait beaucoup de traductions complètes (nous avons un certain nombre de règles traduites). C’est mon hobby et je n’ai pas pris assez de temps pour m’en occuper. merci pour votre soutien. »

    Hi Eduardo ! Welcome here on cwowd. Congrats again for this campaign. Hope you’ll come here regularly to discuss about games and projects, may be in french if translation is your hobby ?
    It’s a pleasure to see a famous editor like you coming belong us.

  3. Thanks so much for the review! I appreciate the kind words.

    You are right, I haven’t done too many full translations yet (we have a number of translated rules). This is my hobby and I haven’t had the bandwidth to take it on.

    Thanks for the support!
    ~Ed

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