Une semaine de nouveaux jeux sur Kickstarter (#42 du 22.03.2022)

Une semaine de nouveaux jeux (42)

Enorme surprise dans le vote de la semaine. Pour la première fois en 2022 (il me semble ?) "Rien pour moi cette semaine" a été battu. Explosé. Atomisé. Mais qui a donc pu réussir pareil exploit ???

Notre coup de cœur

Malhya


Que dire d’un projet qui réunit 60% des voix quand on demande à la communauté quel est son coup de cœur de la semaine ? En particulier quand, en face, on a un Awaken Realm (même Lite) qui doit se contenter de miettes...

Le sujet sur Cwowd est le plus fréquenté. Le plus riche en messages. Au point que j’ai l’impression d’y avoir déjà joué. Et rejoué. Alors même que j’ai tout fait pour rester à l’écart. Pour ne surtout pas succomber à l’engouement général. Même si, et justement car, ce que j’en ai vu m’a plu : l’engouement pour Malhya est tel, l’enthousiasme est si puissant, que je crains les débordements, la surcharge émotionnelle source de déception, la passion qui devient colère et haine. Ce ne serait pas la première fois.

Malhya Lands of Legends - par 4 Univers et La Boîte de Jeu

Malhya pour les nuls (et ceux qui veulent conserver la magie)

Donc je ne sais que peu de choses de Malhya. Pire encore, je ne souhaite pas en connaître plus que l’essentiel. Pas aujourd’hui. Je souhaite conserver le plaisir de la découverte... si je décide de le soutenir. Donc, l’essentiel :

  • Malhya est un jeu d’aventures,
  • mixant exploration (land crawling) et donjons/baston (donjon crawler),
  • joué en multiples scénarios composant une campagne d’environ cent heures,
  • (mais aussi des scénarios jouables en one shot pour occuper une soirée, par exemple avec des amis de passage : merci !)
  • dans un monde qui va changer, évoluer, selon nos actions,
  • bénéficiant d’un système de sauvegarde rapide,
  • et d’une structure souple qui permet aux joueurs d’entrer et sortir de la campagne selon leur dispo,
  • avec pour seule contrainte de jouer au moins deux personnages (ça reste donc adapté au jeu en solo).

Derrière, on retrouve une équipe de passionnés qui travaillent sur ce projet depuis des années. Et nous l’ont fait partager les dernières. Sous la présence rassurante de La boîte de jeu, certes en dehors de son univers habituel (plus “euro”), mais dans un rôle technique, organisationnel qui est clairement sa principale force. Les tâches semblent parfaitement réparties, la complémentarité est évidente. Nous voilà rassurés.

Reste la possibilité d’être déçu. Que le jeu ne soit pas à la hauteur. Ou, en tout cas, à la hauteur de nos attentes. De ce côté-là, je ne peux que vous inviter à revoir vos exigences à la baisse : ce sera peut-être le meilleur jeu de tous les temps ou la perle de votre ludothèque. Peut-être. Ou peut-être pas. Et ça n’est pas grave ni votre faute ni celle de l’éditeur.

Et je dis cela dans l'intérêt aussi des éditeurs/auteurs : il n'y a rien de bon à attendre de soutiens aux attentes irréalistes obtenus sous la pression de la foule.

Même pas un petit avis pour la route ?

La partie exploration de Malhya est très excitante avec ses événements semi-aléatoires qui vont au-delà du LDVELH. L’univers du jeu est profond, riche. La rédaction semble de qualité.

La partie donjon crawler pousse un peu le curseur sur l’axe simulationniste. Sans pour autant être particulièrement complexe, cette partie demande tout de même une bonne quantité de manipulations. Mais le jeu prévoit aussi que les aventuriers préfèrent éviter le combat.

Grosso modo, on est ici dans la même catégorie que Gloomhaven (ou plus encore, vu la partie exploration, son futur remplaçant Frosthaven). Même niveau de tarif. De complexité. De durée. Les jeux n’ont absolument rien à voir au niveau de leurs univers ou de leurs mécaniques. Ils jouent par contre dans la même catégorie.

Les autres sorties de la semaine

Tamashii Chronicle of Ascend (ex-Gaijin) - par Awaken Realms Lite

Tamashii: Chronicle of Ascend

Sur Kickstarter jusqu'au 5 avril.
Jeu en français.

Ca fait un (long) moment qu’on suit le développement de ce jeu qui a conquis nombre de joueurs dès première révélation d’une de ses illustrations. De ce côté, aucune surprise : Tamashii, initialement connu sous le titre Gaijin, est une pure tuerie visuelle.

Si tu aimes les univers cyberpunk, il est fort probable que tu pledgeras. Peu importe le gameplay.

Une erreur ? Difficile à dire. Comme beaucoup de jeux conçus autour d’une histoire dont la trame doit rester confidentielle (spoilers), il faudra se contenter de juger sur le décor, les costumes et l’éclairage. Et imaginer le reste. Ce qui laisse, présentement, bien trop de zones d’ombres pour développer une critique étayée.

L’idée est que les joueurs sont des esprits transférés de corps en corps. On n’incarne donc pas un personnage qui progresse au fil de la partie / campagne. Mais on va au contraire passer d’un personnage à un autre, avec ses compétences propres, ses caractéristiques, ses forces et faiblesses.

En trame de fond : un futur peu réjouissant où les Intelligences Artificielles ont pris l’ascendant et semblent bien décidées à occuper leurs cycles d’inactivité à éradiquer l’ancienne espèce dominante. Le moindre des défis sera déjà de survivre; mais puisque vous jouez les héros de l’histoire, vous vous doutez bien que votre destin sera un peu plus... héroïque.

Pour cela, vous allez pouvoir agir dans le monde réel, représenté par une “map” de tuiles hexagonales. Et animé par des cartes développant peu à peu le récit ainsi que de possibles objectifs généralement assortis de contraintes de “temps”. Avec bien sûr des récompenses en cas de réussite mais aussi des effets en cas d’échec.

Vous allez aussi (surtout) pouvoir agir dans le cyber espace. Si le plan physique se résume peu ou prou à du LDVELH amélioré, le plan virtuel est celui où vous allez “jouer”.

Mécaniquement, c’est un petit jeu très basique dans l’esprit de Candy Crush et équivalents : vous piochez différents jetons dans votre sac que vous posez sur votre plateau individuel. Vos cartes, vos capacités etc. vont permettre de manipuler/déplacer ces jetons pour atteindre les alignements (lignes de code) correspondant aux différents objectifs visés (programmes).

Les programmes de base agissent sur vos caractéristiques. Vos cartes personnalisées représentent d’anciens programmes que vous pouvez relancer. Et des emplacements sur le jeu, ou les cartes découvertes au cours de l’histoire, auront des programmes uniques que vous devrez assembler.

Pour y arriver, il faudra donc minimiser les manipulations de jetons et également optimiser le stock contenu dans votre sac. Tout en progressant dans votre propre aventure et en affrontant les nouveaux défis mis sur votre route. Ainsi que les ennemis, sentinelles, virus etc. qui croiseront votre chemin. Certains devront être combattus, d’autres évités ou hackés.

Ca semble très bien pensé. Mais il me parait impossible en l’état de jauger si l’intérêt ludique du “Candy Crush” se maintient après quelques sessions.

Quant à savoir quel pledge prendre : les figurines seront totalement inutiles. Mais probablement d’un bel effet. Mais ça reste un “petit” jeu où les ennemis seront de toute façon représentés par une illustration sur une carte (mais elles ont quand même belle allure^^).

Ryozen - par Tabula Games

Ryozen

Sur Kickstarter jusqu'au 8 avril.
Règles en français.

Un pur jeu de pose d’ouvriers. Avec évidemment nombre de petits twists qui font varier le genre : majorité, contrôle, spécialisation, influence (le jeu alterne phase de jour, classique, et phase de nuit qui rapporte des bonus basés sur qui contrôle quoi).

Assez pour se démarquer sur un marché complètement saturé ? Et alors que la concurrence a eu plus tendance, ces dernières années, à mixer avec d’autres mécaniques pour créer ces jeux hybrides qu’on s’arrache tous ? (parce que, soyons sérieux : la pose d’ouvriers, c’est génial mais, un moment ou un autre, on a envie de faire autre chose). Avec le capital sympathie de Tabula Games (Mysthea, Volfyirion...), et leur réputation de qualité, ça passe.

Si vous appréciez les jeux d’ouvriers avec une montée en puissance, du jeu mais aussi des ouvriers eux-mêmes. Avec de l’interaction directe, limitée, certes; mais un ouvrier-soldat va virer votre ouvrier et l’envoyer au palais les mains vides... à moins de tomber sur un soldat de plus haut niveau. Parce qu’il est aussi possible, en payant un surcoût, de jouer ses ouvriers “cachés”. Mais ce que vous dépensez ainsi sera autant de points de victoire en moins. Sauf que ce sera peut-être nécessaire pour prendre le contrôle de cette zone et récolter son bonus “Nuit”...

Un jeu intéressant donc. Dont la réalisation sera sublime, comme toujours chez Tabula. Mais qui ne fera pas l’unanimité, c’est aussi la touche Tabula que de diviser : il y a probablement autant, sinon plus, de joueurs qui considèrent leurs précédents comme des OK games, trop longs et surchargés, que de fans inconditionnels.

Notons au passage que Tabula propose une version pdf des règles en français. Ainsi qu’un plateau recto-verso avec une face adaptées aux parties à deux joueurs (emplacements moins nombreux etc.). Une initiative trop rare...

jeu 9 Lives par boardgametables

Habitat - 9 Lives - Basket Boss

Sur Kickstarter jusqu'au 8 avril.

Trois remakes. Et un des plus mauvais résultats pour une campagne (récente) de BoardgamesTables (sans non plus que ce soit dramatique).

Etonnamment, c’est aussi une des seules à ne proposer aucun nouveau titre, uniquement des revisites / relooking / révisions de jeux plus ou moins inconnus.

Habitats est un très bon petit jeu de pose de tuiles (le même, en gros, que Nova Luna) où chaque tuile a ses exigences quant à ses voisines. Était; mais il est peu probable qu’ils aient réussi à le rendre moins bon. Les meeples animaliers sont à tomber mais en option qui coûte autant que le jeu.

Basketball, du même auteur (Corné van Moorsel, à qui on doit aussi Factory Funner qui avait été précédemment rénové avec succès par Boardgametable) est un jeu d’enchères où tout le monde se bagarre pour tenter de recruter la meilleure équipe (joueurs et staff) de NBA.

Avec un jugement sur six saisons (tours) au total. Ce qui demande plus de planification que pour la plupart des jeux d’enchères; d’autant plus que chaque équipe va développer des besoins différents et, donc, chaque joueur estimera aussi les recrues disponibles de façon différente.

Nine Lives est mon inconnue. Un jeu de plis à annonces d’abord édité au Japon (sous le titre Catty). Mais j’ai lu de très bons retours sur le forum et je trouve en effet intéressant :

  • le système d’annonce où il est possible de donner un nombre exact de plis qu’on gagnera (classique) ou un intervalle; mais uniquement sur les nombres encore disponibles, chacun parlant à son tour, il faut faire avec ce qui reste.
  • une originalité assez improbable : chaque “couleur” a un dos de couleur différente. Je sais donc quelles couleurs mes adversaires ont en main (mais pas quelles valeurs).
  • et, enfin, chaque pli remporté me permet d’ajouter une carte à ma main (mais pas celle qui a permis de remporter le pli).

Ce qui fait tout de même beaucoup de choses qui méritent de mettre ce jeu sous surveillance.

J’aime beaucoup le travail de Boardgametables. Certains de leurs titres sont parmi mes préférés et/ou ceux auxquels j’ai le plus joué récemment (On Tour, Q.E., Mountain Goats, Factory Funner et j’en oublie certainement). Mais une fois les frais de port et la TVA ajoutés, difficile de justifier le pledge d’un seul de ces petits jeux pour lequel on aurait un coup de cœur. Et je me vois mal recommander de prendre les trois à 109 €... sans les meeples (145 avec).

Micro Dojo: Loyalty & Deceit. Avec près de 2000 souscripteurs lors du KS pour le jeu de base et de bons (mais rares) retours, on pouvait s’attendre à un meilleur départ pour ce jeu de placement d'ouvrier de poche pour deux joueurs.

L’extension ajoute deux nouveaux clans qui apportent une nouvelle ressource (Faveurs) et des plateaux plus qualitatifs, en double couche. De même, un mode de jeu en 9 points (7 pour le jeu de base) fait son apparition au verso.

Oubliez la version “deluxifiée”. La force du titre était son petit format, facile à transporter et jouable même sur un coin de table. Si vous cherchez un jeu qui ne tient pas dans un zip lock, vous ne devriez avoir aucun mal à trouver bien meilleur. Sur Kickstarter jusqu'au 6 avril. La page KS.

Pathways. Un jeu de dextérité dans la famille des Crokinole. Sur Kickstarter jusqu'au 14 avril. On en discute.

Oak. Reprend l’idée de Gamelyn Games qui avait exploré les meeples accessoirisés lors de plusieurs jeux de sa série Tiny Epic. Avant de (apparemment) faire marche arrière. Autant c’était séduisant sur le papier, autant finalement, c’était plus anecdotique/ennuyeux qu’autre chose.

Sinon, vu que cet éditeur traite ses backers comme des moins que rien, ne comptez pas sur moi pour leur faire de la pub. Jeu en français. Sur Kickstarter jusqu'au 8 avril. On en discute.

The Bad Karmas and the Curse of the Zodiac. J’aimerais en dire du bien car j’espère que ce genre de produit sera un jour disponible (range ta fourche, tu vas te blesser bêtement). Mais ce projet souffre du même défaut que tous ses prédécesseurs : on nous vend une technologie plus qu’un jeu. Une techno encore en développement, donc onéreuse. Surcouchée d’un jeu qui semble OK. Mais, sans vouloir offenser ses auteurs, dont personne n’a rien à faire. Et, non, ce n’est pas en ajoutant des animations qui viennent ralentir le jeu que je vais m’intéresser au produit.

Personnellement, j’ai coincé sur la traduction en Stretch Goal. Ne pas arriver d’entrée de jeu avec les traductions, alors que tout ici est numérique (pas de cartes -virtuelles- ni de livret de règles) n'envoie pas un excellent signal. Les porteurs essaient de nous vendre une technologie révolutionnaire mais ne mettent pas d’emblée en avant un des points forts qu’apporte cette technologie, un des bénéfices immédiats qui profite aux joueurs. Jeu en français. Sur Kickstarter jusqu'au 14 avril. On en discute.

Catapult Feud - Ukraine Edition. Un KS un peu spécial puisque pour la version ukrainienne de Catapult Feud… qui ne pourra pas être vendue de sitôt. Son localisateur, Fun Games Shop, a même du abandonner son QG à Kyiv et n’a, évidemment, aucune idée de ce que sera son/leur avenir. Leurs boîtes étant encore en Grèce, ils ont obtenu de Vesuvius Media le droit de les vendre.

Attention : il s’agit bien de boîtes en ukrainien. Les règles en français sont téléchargeables chez l’éditeur. Tout compris, le jeu vous reviendra environ à 49 € et vous aiderez des passionnés ukrainiens à se relancer. Ou quoi qu'ils aient envie/moyen de faire plus tard. Sur Kickstarter jusqu'au 2 avril. On en discute.

UND1C1. "The best soccer board game ever". "The ultimate soccer board game"... Eux-mêmes semblent avoir du mal à situer exactement leur projet... Ce qui ne semble pas poser de problème aux fans.

Et des fois que vous vous posiez la question, ça semble terriblement léger et orienté ”grand public”. Qui passera peut-être de bons moments à y jouer; mais certainement pas le best ou le ultimate... Sur Kickstarter jusqu'au 14 avril. On en discute.

Boss Dog. TVA non prise en charge par l’éditeur. Pile ou face : ça passe ou double le prix de ton jeu... Sur Kickstarter jusqu'au 14 avril. La page KS.

ONUS! Traianus. Sur Kickstarter jusqu'au 14 avril. La page KS.

Et ce sera tout pour aujourd'hui. On se retrouve demain (ou jeudi, hum hum) pour un dernier regard aux projets qui se terminent bientôt.

Meilleurs commentaires

  1. Traiders and raiders ce sera déjà arrêté à 10 backers

  2. Merci pour cette nouvelle revue. Ça ne te fait pas plus de boulot en 3 parties comme ça ? Sans compter l’obligation de s’intéresser à des campagnes à plusieurs moments différents.

    Sinon j’avais encore mon EB sur Small Samurai Empires, et je dois malheureusement l’abandonner. Plus de 100€ pour un tel jeu, c’était trop, mais la promesse me plaisait beaucoup. Et j’hésite encore pour Tiwanaku, dont tout me plaît, et abordable, mais beaucoup de projets en cours.

    Le gros coup de cœur reste pour moi Illiterati, qui a l’air génial ! J’adore les jeux de lettre, et il semble en plus rapide et animé. Mais je ne peux décemment pas me prendre un jeu de lettre en anglais, alors que c’est le genre de jeu que je peux sortir avec tout le monde. Dommage… :pensive:

  3. Probablement. Mais, étonnamment, ça correspond mieux à ma façon de faire. Ca répartit en fait le boulot sur trois jours (et aussi semaines) : pitch before, le jeu en starting et plutôt la campagne en ending (ce qui fonctionne parfaitement avec un kanban. Du coup, là, la troisième partie de la revue (ending) de la semaine prochaine est quasiment finalisée. Reste plus que des détails et/ou un éventuel gros changement de campagne.

    De plus, Notion réalise en auto (formules) une bonne partie de la mise en page et me permet aussi d’avoir des vues adaptées à chaque partie de la revue. Ce qui, pour moi, est un bonheur absolu quand je passe en mode « faut boucler, t’es à la bourre con de singe ».

    Manque plus qu’une génération auto de tout le code avec un clic. C’est en cours, je suis juste coincé par du code wordpress à base d’injections de merde que je n’arrive pas encore à « copier » (et sa gestion de BdD à la noix → ouais, j’aime pas wordpress^^). Il faudra peut-être attendre de migrer vers un nouveau CMS (Strapi probablement).

    je viens d’enlever mon $. Mais vraiment à contrecœur

  4. Pareil j’ai pas donné suite, car à priori il devrait être localisé par Lucky Duck, et j’espère qu’ils adapteront la répartition des lettres, dont la fréquence d’utilisation diffère pas mal entre nos 2 langues (et ça a été le principal argument pour ne pas y aller). :crossed_fingers:

  5. J’espère aussi qu’ils arriveront à traduire les jetons-lettres sans erreurs. Sait-on jamais, sur un malentendu, ça peut marcher.

  6. Tu fais la revue sur Notion? Je suis curieux de savoir comment tu t’organises :slight_smile:

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